L’Etat de droit a besoin d’une police professionnelle

La police joue un rôle très important dans la consolidation d’un Etat de droit. La police a reçu de la Constitution la mission délicate de protéger les personnes et leurs biens. C’est à elle que revient le rôle de maintenir et de rétablir l’ordre public. Pour remplir ces missions, la police doit être totalement professionnelle. Si elle ne l’est pas, l’Etat de droit va en souffrir sérieusement.
Globalement la police congolaise est incapable de remplir les missions décrites ci-dessus sans commettre des bavures. Nous ne devons pas nous voiler la face.
En date du 24 avril 2020, l’appel est fait à la police pour mettre la main sur Monsieur NE MWANDA NEMI qui s’était retranché dans sa résidence à Kinshasa avec quelques-uns de ses adeptes. Je pensais que compte tenu de la délicatesse de la mission confiée à la police, le Général Sylvano KASONGO allait choisir les éléments de la police les plus professionnels pour ce faire. Je crois que c’est ce que le Général aurait fait. Il est important de préciser que cette mission est confiée à la police qui opère dans la capitale, siège des institutions.
Mais ma surprise a été très grande !
Après avoir mis la main sur Monsieur NE MWANDA NSEMI, certains éléments de la police n’ont pas trouvé mieux que de piller les biens de ce dernier, en présence de certains hauts cadres de la police et de la population. Du jamais vu pour un corps chargé de protéger les personnes et leurs biens. D’autres policiers, toujours en présence des hauts cadres de la police, ont commencé a infligé des traitements inhumains et dégradants aux adeptes de Ne MWANDA NSEMI qui étaient déjà neutralisés. Inimaginable.
Le Général KASONGO a l’obligation de rechercher tous les policiers qui ont pillé les biens de NE MWANDA NSEMI et ceux qui ont infligé les traitements inhumains et dégradants à ses adeptes et doit les traduire en justice. Les biens pillés doivent être restitués.
Une police qui se comporte de cette façon ne peut pas aidé à la consolidation d’un Etat de droit. On dirait que les bandits ont fui la vie civile pour aller se cacher dans la police pour opérer dans toute impunité.
Il faut relever que dans le cadre de mise en œuvre des mesures de lutte contre le Covid-19, certains éléments de la police ont commis des actes inadmissibles. Pour le besoin de faire respecter le port du masque ou dans le but de percevoir illégalement l’amende de 5000 FC exigés de tout congolais qui ne porterait pas le masque, ces éléments inconscients de la police ont tué ou blessé par balles les gens à Kinshasa. Mettre fin à une vie pour 5000 FC, c’est trop oser.
A Songololo dans le Kongo Central, la police a utilisé la force de façon aveugle et disproportionnée contre les adeptes de NE MWANDA NSEMI tuant ainsi plusieurs congolais. La gâchette facile des policiers est un souci majeur pour la construction d’un Etat de droit. Il faut des enquêtes sérieuses ici aussi. On ne doit pas couvrir une injustice.
Il apparait que la police nationale dans son état actuel, elle est un danger pour les citoyens et pour un Etat de droit. Il est urgent de repenser cette police.
Je crois qu’il est urgent d’introduire les arts martiaux dans la formation des policiers pour leur apprendre la maitrise de soi. Ils sont incapables de discuter ou d’échanger avec les citoyens. Ils s’énervent trop vite.
Face au pillage des biens de NE MWANDA NSEMI, je croyais que le Général KASONGO allait démissionner de son poste, mais…..
Si les policiers se comportent de cette façon à Kinshasa, je me demande ce qui se passe dans nos villages.
Il est temps de doter le pays d’une police professionnelle si nous voulons construire un Etat de droit. Cet Etat n’est pas possible avec une police indisciplinée et à gâchette facile.
Exigeons tous que les policiers qui se sont mal comportés soient remis à la justice.
Message à partager.
Fait à Kinshasa, le 26 avril 2020
Me Jean Claude KATENDE
Le Gardien du Temple.

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