Daniel “Massaro”, the link in a scandal between Vital Kamerhe and Jammal Samih

Au centre-ville de Kinshasa, dans la commune haut de gamme de Gombe, trois jeunes hommes parviennent, avec une facilité déconcertante, à remporter un marché public de plus de 57 millions de dollars américains; qui est aujourd’hui au cœur d’un scandale judiciaire affectant le sommet du pouvoir en République démocratique du Congo. Compte-rendu exclusif de l’affaire dite du «logement social».

C’est l’histoire d’une clique d’enfants de la Gombe. Face à ce qui est aujourd’hui le bâtiment officiel du gouvernement congolais, le soi-disant bâtiment “intelligent”, le gars qui tente de lever un drapeau congolais si fier, face aux vents, n’était pas encore là. A quelques mètres de cette statue, se trouvaient les “logements sociaux” les plus célèbres du centre-ville de Kinshasa. Appartements royaux. Là, dans ses bâtiments datant de la période zaïroise, quelques familles sont regroupées, celles des sans nom. Mais les habitants de la Gombe tout de même.

Yanick Talangay est sans aucun doute le plus célèbre de ceux qui fréquentent le petit quartier. Plutôt beau, il grandit au fond de ces immeubles et dans les chaudes soirées des nuits de Kinshasa. C’est un “satellite”. “Tout le monde le connaît ici en ville”, raconte un habitant de la Kallina. C’est à l’intersection des avenues Lubefu et Batetela, dans un petit salon de coiffure, que Yanick rencontre, souvent depuis des années, le jeune Daniel, que la ville surnommera “Massaro”. La longue amitié, de proximité, lie et traverse le temps. Jeunes, insouciants, célèbres et branchés, ils se connectent avec tant d’autres qui oublient qu’ils vivaient dans des logements sociaux à La Gombe, se prenant pour ceux de l’autre côté du boulevard, les «enfants de».

Mais le Congo a ses miracles. Dans un pays où Papa Wemba a prouvé que la chance courra dans les rues. Lorsque les pouvoirs politiques tombent et montent, dans un pays où la démocratie est recherchée et où la mauvaise gestion est anticipée, “Massaro” Daniel voit l’un de ses “oncles” atteindre le sommet, atteindre le cercle carré de Joseph Kabila, au point de rêver de la succession un jour. Son nom est Vital Kamerhe Lwa Kanyiginyi Nkingi. Il parle les quatre langues nationales et est un animal politique. De 2003 à 2009, il a été «l’entraîneur» de Joseph Kabila dans sa lutte constante contre ses adversaires politiques. Mais un jour, le natif de Walungu, au Sud-Kivu, est tombé, a rejoint l’opposition et a commencé une véritable traversée du désert là-bas.

Puis, un bon matin, Yanick Talangay, qui travaille pour une étrange compagnie de sujets libanais “Ilalco“, est touché par le Saint-Esprit. Jammal Samih-fils, l’un des enfants de son patron, a un projet de construction de maisons préfabriquées. «C’était début 2019. Le fils de Jamal s’est approché de Talangay pour lui parler de ce projet qu’il avait déjà initié à l’époque de Joseph Kabila. Mais avec le départ de l’ancien président, il fallait alors le présenter au président Tshisekedi “, explique un de ses proches à POLITICO.CD. C’est bien. Le fils Talangay, ancien Rayal, connaît quelqu’un qui n’est autre que le neveu du nouveau bras droit du président! “Un soir, Jammal-fils et Talangay sont allés voir Massaro (Daniel) pour lui parler de l’affaire. À la fin de la journée, le fils de Jammal lui a même offert un véhicule juste pour qu’il puisse le présenter au chef de cabinet du chef de l’Etat », ajoute notre source. 

C’est au cours d’une autre nuit noire que Massaro Daniel a atterri avec son “oncle”, en tout cas, selon plusieurs sources concordantes. Dans une conversation familiale que personne ne peut pénétrer, Jammal-fils revient voir son père, Jammal Samih, pour présenter, ensemble, les fondements d’une affaire insolente. Rapidement, les Jammals ont créé Husmal Sarl (capital social de 9 000 USD) le 25 avril 2019. 55 jours après la création de Husmal Sarl, soit le 20 juin 2019, le directeur du cabinet du chef de l’État, Vital Kamerhe, a saisi le directeur Général de la Direction du Contrôle des Marchés Publics en vue d’obtenir un avis de non-objection en vue de l’exécution, en procédure amiable avec la société Husmal Sarl. En plus de la lettre, une facture de Husmal Sarl indiquant, sans trop de détails, 1.000 maisons préfabriquées pour les policiers au prix de 19.000 USD la pièce (Total: 19 millions USD) et 2.000 autres pour l’armée valant aussi 19.000 USD la pièce (Total: 38 millions USD). Coût total du marché: 57 millions

Dans les jours qui suivent, La Gombe découvre ses nouveaux riches. Massaro Daniel, les Jamals ou leur entremetteur se lasseront des nuits à Kinshasa, au point même de s’embarquer un jour en direction des Etats-Unis d’Amérique, pour y célébrer leur nouveau succès. Sur les réseaux sociaux, des images d’une nouvelle bourgeoisie émergent. Le conseiller du ministère du Budget est méconnaissable. Il transpire le dollar, avec le teint d’un prince.

Jusqu’à ce jour du 8 avril 2020, où tout le Congo assiste à la chute de son puissant oncle. La justice congolaise enferme Vital Kamerhe à Makala, après plus de 6 heures d’audience. Elle lui refusera même la libération provisoire. «Le juge ne veut pas avoir de mauvaises surprises. Un homme de son rang, s’il sort de prison, il pourrait détruire des preuves ou créer toutes sortes de problèmes qui pourraient anéantir la procédure “, a indiqué une source administrative au parquet de Matete

Mais la justice n’était qu’au début de sa procédure. Elle découvre alors que 47 millions de dollars versés aux Jammals par le trésor public n’ont pas pris la bonne direction. Aidé par Rawbank, nos alliés de circonstance auraient réussi à faire disparaître ce jackpot du circuit bancaire.

De plus, alors que le père de Jammal Samih et Vital Kamerhe languissent à Makala, les autorités judiciaires en appellent d’autres. Daniel Massaro est “invité” ce mardi à Matete sans se présenter. Une chasse soit lancée. Pendant ce temps, le ciel s’assombrit de plus en plus dans l’univers de son puissant oncle Vital Kamerhe.

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